
Le plus ancien échiquier connu. Les pièces y sont encore. Le pari n’est pas enregistré.
Dans chaque tradition qui a pris les échecs au sérieux, quelqu’un composait des problèmes presque immédiatement. Pas comme outils d’enseignement. Pas comme curiosités récréatives. Comme instruments de jeu. La position composée était le principal véhicule pour démontrer la maîtrise. Et la maîtrise valait de l’argent.
Le Vilas Mani Manjari, le manuscrit de Kolhapur de 1928 que nous avons couvert dans l’article précédent, est en son cœur une collection de ces problèmes. Leur mot est Daav.
Qu’est-ce qu’un Daav ? §
डाव (Daav) signifie littéralement un enjeu — la chose que vous mettez dans un pari. La même racine sert pour tout pari en marathi. Quand vous prépariez une position d’échecs composée et l’offriez à un joueur plus faible, vous lui offriez un Daav : voici l’échiquier, voici les pièces, voici l’enjeu. Résolvez ceci et vous gagnez. Échouez et vous perdez.
Chaque page de problème porte trois étiquettes :
- बारका (Barka) — le challenger ; le côté à jouer ; toujours donné la ligne gagnante. Blancs.
- जादा (Jada) — le défenseur. Jada signifie lourd, inerte. Noirs.
- सव्या (Savya) — le nombre de coups.
Et presque toutes les solutions dans la collection se terminent de la même façon : “प्यादी होणार” — le pion couronner.1
Le Système Malli §
Parallèle à la tradition Daav, une classification complète des finales Roi-et-une-pièce. Le système s’appelle मल्ली (Malli).2
Les quatre Mallis nommés :
घोडमल्ली · Ghodamalli §
Roi et Cavalier. Verdict : Nulle. Le cavalier ne peut pas forcer mat contre un roi seul.
गजमल्ली · Gajamalli §
Roi et Tour. Verdict : Victoire. La tour peut pousser le roi au bord et forcer mat.
हुच्चमल्ली · Huchchamalli §
Roi et Fou. Verdict : Nulle. Le fou ne peut pas couvrir toutes les cases.
फकिरी · Fakiri (aussi : परमहंसी · Paramahsi) §
Roi Nu. Aucune pièce du tout. À Chaturanga, mettre à nu le roi de l’adversaire est une victoire immédiate.